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mars 2006

Syriana

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Vu l'autre jour, à Montparnasse, le nouveau film de et avec George Clooney. En somme, dans une histoire éclatée, mais somptueusement soignée, il nous illustre la thèse d’Elsaesser: on y voit en effet le genre de régime que les Américains aiment à dorloter au Moyen-Orient, on y voit le cynisme insondable de l’establishment U.S. et sa complicité organique, indivisible, dans les razzias en cours, on y suit l’évolution psychologique d’un bon p'tit gars aussi fanatique que vous et moi — au départ — et qui finira bombe humaine...
Ce que nous clamons dans des livres quasi-underground et des revues marginales, le cinéma américain le publie à coups de millions... sans évidemment rien changer au fond de l’affaire. Au fond, le système s’en fiche. Il sait que les populations qui profitent de ses rapines pourront s’indigner, mais jamais traduire leur indignation en actes.
Tout de même: à plusieurs endroits du film, on fait dire aux personnages que l’empire anglosaxon est aux abois. On le dépeint fébrile. On entend même cette phrase incroyable : “laisserons-nous les Russes et les Chinois s’enrichir à nos dépens?”
Pouvait-on imaginer une telle interrogation il y a 12 ans, au temps de Eltsine?

Premières parutions

Sortie de presse des deux premiers titres des éditions Xenia : Pour qui sonne le même de Jean Romain et Comment le Djihad est arrivé en Europe de Jürgen Elsässer. Service de presse dans les jours qui viennent, mise en vente début mai (France), et, pour la Suisse, à la veille du Salon du Livre de Genève (27 avril-1er mai).