Le printemps 2006, avec ses guerres, ses grèves et sa Coupe du monde, fut paraît-il l’une des plus mauvaises saisons de la librairie française. La « rentrée » 2006, pourtant, bat une fois de plus tous les records de production littéraire. Dans le paradoxe qui relie ces deux extrêmes, y avait-il place pour un nouvel éditeur partant de zéro ? Nous pensons que oui. Parce que nous ne croyons pas au règne de la quantité. Parce que nous voyons bien que la surabondance d’écrits anodins dont on assomme le public recouvre imparfaitement des « zones d’ombre » de plus en plus manifestes de l’information et de l’expression. Parce qu’au milieu du livre-marchandise voué au pilon, le livre-poésie, le livre-testament se détache et finit par trouver son public.
Voici quelques années, les e-gourous nous prédisaient la mort du livre en papier. Leurs « start-ups » vouées au « e-book » ont sombré en cascade. Au milieu des gadgets, le livre, étrange, étranger, demeure le plus merveilleux moyen de connaissance dont l’humanité se soit jamais pourvue. Nous faisons le pari de sa survie, qui est le pari de la civilisation.
Pour que ce pari soit tenu, les écrivains de talent et les éditeurs tenaces ne suffisent pas. Il faut des lecteurs « engagés ».
Un livre coûte, à peu près, le prix d’un DVD de cinéma. Ou la moitié d’un menu de qualité au restaurant. Ou le quart d’un billet pour les Stones. Ou bien encore, le dixième d’une console de jeu. Il est increvable, mobile et ne consomme rien. Il est compact, léger et très facile à transporter.
Songez-y : le livre nous élève et il élève ceux à qui nous l’offrons. Il engage à la discussion dans un monde de sourds-muets.
Ne vous plaignez donc pas du « vide » des médias, de l’idiotie de la télé, de l’inculture des passants. Lisez ! Recommandez, diffusez des livres !
On n’a pas trouvé de meilleur antidote…