Exode biblique ou invasion irrésistible : deux points de vue saisissants

Les éditions s'apprêtent à publier, début 2007, deux ouvrages traitant de problématiques voisines, mais selon des points de vue radicalement opposés.

L'immigration de masse, avec les confrontations culturelles qu'elle engendre, est la question politique et sociale majeure de l'Europe du XXIe siècle.

Renaud Camus l'aborde sous l'angle idéologique et politique : succédant aux totalitarismes du XXe siècle, l'antiracisme institutionnalisé, selon lui, représente bien plus un outil de domination de l'élite au pouvoir que l'expression d'un sentiment de véritable solidarité envers les immigrés. Son livre se veut un rappel des véritables priorités politiques de la communauté française à la veille d'une élection présidentielle qu'il considère comme l'élection de la dernière chance.

Maria Pace Ottieri, elle, présente un point de vue immédiat et humain. Peu de journalistes sont, comme elle, allés à la rencontre des « boat-people » que les mass media traitent d'ordinaire comme un fait divers statistique. Elle veut comprendre qui sont ces gens, pourquoi ils risquent leur vie, et que représente la « terre promise » occidentale à leurs yeux.
Elle trace aussi un portrait chaleureux et juste de tous ceux — soldats, douaniers, prêtres, assistants — qui encadrent et accueillent ce flux d'humains en détresse.

Qu'ils représentent le point de vue de la culture indigène — Camus — ou celui des nouveaux arrivants — Ottieri — ces deux ouvrages ont pour point commun de nous exhorter, tragiquement, à ouvrir les yeux sur cette réalité capitale.

L'antiracisme officiel « favorise » les immigrés, mais ne se préoccupe guère de comprendre qui ils sont. Les humanitaires sincères compatissent à la détresse du monde, mais ne voient pas qu'une générosité sans limites détruit le terreau même d'une culture de compassion.

Quoiqu'inconciliables, ces deux ouvrages dénoncent d'immenses zones aveugles de la culture contemporaine. Il nous a semblé utile et important, dans l'esprit Xenia, de les soumettre simultanément, avec la même passion éditoriale, à l'attention du public.