Redécouverte d'un chef-d’œuvre spirituel et littéraire

Cet automne, un roman hors du commun, préfacé par Franz Weber, va se retrouver sur les rayons des libraires. Celle qui aima Jésus est une véritable redécouverte! Diffusé par le bouche-à-oreille, ce roman fut un grand succès des années 50. On y découvre une plume vibrante, avec un sens inouï de la poésie de la nature et une pénétration profonde de la psychologie mystique féminine.
La Marie Magdeleine de Simone Chevallier ne doit rien à la réécriture de l’histoire. La trame de sa vie est conforme aux Evangiles et à la tradition. Mais à l’intérieur de cette trame éclate une personnalité inouïe, rayonnante. Amie-amante de Grecs et de Romains raffinés dans une société puritaine, Marie pèche non par bassesse, mais par élévation. Elévation des vues culturelles, élévation d’un coeur inassouvi. Ce coeur qui ne trouvera son apaisement que dans la rencontre avec le Christ...
Simone Chevallier nous a laissé un roman bouleversant, inoubliable, à mille lieues du conspirationnisme vulgaire qui entoure aujourd’hui la figure de «celle qui aima Jésus».



Le roman de Simone Chevallier accompagne Marie-Magdeleine tout au long de sa vie. Ame artistique et ardente, elle aura des aventures amoureuses qui choqueront son milieu puritain. Mais ces aventures ne lui permettront pas d'assouvir sa soif d'absolu — seule sa rencontre avec le Christ lui permettra de convertir son énergie sensuelle en force visionnaire et mystique.

Nouvelle Antigone, malgré ses expériences amoureuses et son extrême jeunesse, elle affirme: «La pureté ne dépend pas d'un code ou d'un voeu: c'est un état d'être».

Elle répondra à son amant qui s'inquiète de tant de sagesse chez une fille aussi jeune:
«La vie, en nous, n'a pas d'âge, elle est éternelle.»

«Je ne crois pas en Dieu, dira-t-elle à sa soeur. Je l'éprouve et parfois j'essaie de l'exprimer.»

Et sagement, renonçant à critiquer le jeune sculpteur qui la fait souffrir, elle se dit à elle-même:

«Les autres n'ont pas tant de puissance qu'on leur en prête. C'est nous qui sommes un abîme plein de chemins inconnus, nous pouvons nous faire peur à nous-mêmes, nous surprendre, nous éblouir et aussi nous désespérer.»

Enfin, retirée à la Sainte-Baume, elle atteint l'ultime dépouillement: oublier le chaste visage de Jésus pour connaître ce qui n'a ni visage, ni nom:
«Pourquoi se condamnerait-elle, là où elle ne condamne pas les autres? Quant à se concentrer sur l'image disparue de Jésus, n'était-ce pas se cramponner à quelque barque échouée en dédaignant la course du fleuve et son chant toujours neuf? L'Amour n'est pas mémoire. L'Amour n'est pas concentration. L'Amour n'est pas volonté. L'Amour est vie. L'Amour est jaillissement.
«Quel non-sens d'imaginer l'Eternité commençant après la vie du corps pour se poursuivre dans une durée infinie. L'Eternité est là. Il s'agit de briser nos chaînes pour nous y précipiter. Ce qui se passait hier, ce qui se passera demain n'existe pas. La vie est maintenant. Dieu est maintenant.»

Ainsi nous apparaît dans ces pages étonnamment poétiques et brûlantes le pur visage de l'Amour.